Réponses de Robert Hue

1 - LA FAMILLE
Ces dernières années, la famille dite traditionnelle, constituée d'un homme et d'une femme unis dans le mariage pour le meilleur et pour le pire, a perdu son statut de modèle familial. De nouvelles formes de familles qui se sont développées seraient équivalentes au regard de l'éducation des enfants. Que pensez-vous du Pacs ? Etes-vous favorable à l'adoption des enfants par des couples homosexuels ?

Avec les autres parlementaires communistes, j'ai contribué à l'adoption du Pacs en souhaitant même qu'il aille au-delà des dispositions retenues. C'est ainsi que j'ai proposé qu'il soit établi à la mairie et que les personnes concernées bénéficient de droits élargis.

Parmi les formes nouvelles prises par la famille, il y a également un accroissement des familles monoparentales dont je propose qu'elles reçoivent une aide spécifique.

Quant à l'adoption par des couples homosexuels, à l'image de ce qui se passe dans d'autres pays européens, je pense que le moment est venu de lancer le débat sur cette question, en prenant bien en compte l'intérêt des enfants.

2 - LA VIE
Sur 100 conceptions, près de 20 grossesses sont interrompues avant leur terme en France. Ces interruptions sont très souvent vécues comme un échec ou une souffrance. Pourtant, les femmes souhaitent avoir davantage d'enfants et la natalité de notre pays (1,9) n'assure pas le renouvellement de la population. Que comptez-vous faire pour réduire le nombre d'avortement ? Et pour favoriser la natalité ?

La natalité progresse en France. Le droit à l'avortement doit s'accompagner d'une information et d'une formation beaucoup plus conséquentes à la contraception.  Combattre les inégalités, adopter comme je le propose un plan d'urgence contre la précarité et le chômage, bref, améliorer la situation des gens peut contribuer, à la fois, à favoriser le renouvellement de la population et à développer la contraception. J'ajoute que je propose une revalorisation d'allocations familiales, leur attribution dès le premier enfant et le relèvement du plafond de celles attribuées en fonction des revenus.

Enfin, je préconise un effort sans précédent de développement et de diversification des modes de garde des petits enfants et des activités péri-scolaires.

3 - LA LIBERTE DE CHOIX POUR LA SCOLARITE DES ENFANTS
En France, pour les parents, le choix de l'école n'est pas garanti. C'est pourtant un droit fondamental. Il n'est pas assuré car les parents ne peuvent pas tous offrir une scolarité à leurs enfants dans le privé s'ils le souhaitent, et aussi en raison de la carte scolaire qui impose un établissement pour l'enfant. Pensez-vous supprimer la carte scolaire ? Que comptez-vous faire pour permettre à chaque parent d'inscrire son enfant dans le privé s'il le souhaite ?

Rien ne s'oppose - sinon la situtation sociale des familles - au choix d'un établissement scolaire privé. Les engagements que je prends en matière de revalorisation du SMIC, des salaires, des minima sociaux offrent des possibilités supplémentaires de choisir.

Je suis pour le maintien de la carte scolaire car opposé à la constitution d'établissements à plusieurs vitesses. La mixité sociale est une richesse éducative, à condition qu'elle s'accompagne d'une lutte prioritaire contre l'échec scolaire et les inégalités.

4 - LES DROGUES
Alors que les drogues dites douces sont de plus en plus répandues et de plus en plus fortes (jusqu'à 35% de THC), alors que nombre croissant de suicides de jeunes, de violences, d'échec scolaire et de maladies psychiatriques est lié à la consommation de drogues, le débat sur la dépénalisation n'est pas clos et la prévention reste inefficace. Pensez-vous qu'il faut dépanaliser l'usage du canabis ? Que comptez-vous faire pour réduire l'importante consommation des jeunes dans les collèges et lycées ?

La loi de 1970 qui criminalise l'usage privé de drogue est, comme vous le notez, totalement inopérante. Elle conduit même à des conduites dangereuses et à risque.

Je propose de la remplacer par deux lois distinctes: une de santé publique qui privilégie l'information, l'éducation et la situation sanitaire des consommateurs; l'autre pour réprimer durement le trafic et le blanchiment de l'argent.

La distinction entre drogues licites (alcool, tabac, médicaments) et illicite est hypocrite alors que se développent les polyconsommations. Je me refuse à banaliser l'usage des unes contre les autres.

5 - PORNOGRAPHIE ET PEDOPHILIE
La pornographie explose sur internet et dans les magazines. En même temps, les violences sexuelles et les actes de pédophilie augmentent. Difficile de ne pas faire le lien. Quelle politique comptez vous mener pour contrôler l'invasion de la pornographie ? Pensez-vous que l'affichage de nudités dans la rue (murs, kiosques) doit être toléré ? Etes-vous pour ou contre l'utilisation de la femme comme argument publicitaire ?

Vous établissez un lien que les chercheurs ont du mal à mettre en évidence. Quant au "développement" de la pédophilie, il est aussi  dû à la levée positive d'un tabou qui la concernait. Il faut protéger la jeunesse de la pornographie, des programmes violents à la télévision. Il faut continuer à faire confiance à la parole du jeune pour réprimer la pornographie. Je propose d'agir contre l'utilisation dégradante de l'image de la femme, contre les violences dont elles sont victimes, conjugales et au travers de la prostitution. J'ai pris des engagements précis en ce domaine.