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Cette analyse est proposée par Frédéric Prat, qui a enseigné en collège et lycée, et s'occupe actuellement d'une association d'accompagnement scolaire (Jeunes plus) dans un Réseau d'Education Prioritaire à Marseille.
Les points sont évoqués avec le souci de traduire un sentiment général dans le secteur social et éducatif. Ce n'est pas une analyse qui repose sur des chiffres et se voudrait exhaustive. Elle ne donne que quelques éléments pour aider à mieux comprendre les projets des candidats dans ces divers domaines.
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Etat des lieux
Acteurs sociaux et éducateurs sont unanimes : la fragilité des familles explique en grande partie le mal-être et les dérives observés chez de nombreux jeunes. La famille est le lieu d'accueil de l'enfant et le creuset naturel pour sa croissance harmonieuse. L'Etat ne peut suppléer le travail d'éducation des parents. Ce travail n'est pas assez reconnu et les familles ne sont pas assez soutenues. De nombreuses ruptures dans les familles pourraient être évitées avec une véritable politique familiale favorisant l'engagement stable pour le plus grand bonheur du couple et des enfants, apportant en priorité son aide aux familles touchées par la précarité, la pauvreté, le chomage, l'insalubrité du logement. La pression du travail empêche souvent les parents de consacrer le temps qu'il faudrait à leurs enfants ou tout simplement d'avoir le nombre d'enfant qu'ils souhaiteraient. Les allocations sont insuffisantes pour permettre à tous de constituer une famille : cette économie faite sur les allocations familiales empêche une reprise réelle de la natalité, ce qui ne fait qu'alourdir la facture des retraites qu'il faudra payer dans vingt ans.
Divorce et adoption
Tout enfant a besoin de pouvoir dire Papa et Maman. C'est comme cela qu'il se construit, apprend la différence entre l'homme et la femme, et devient capable de fonder une famille. Papa et Maman ont chacun leur rôle à jouer et il est important que chacun puisse être présent auprès de l'enfant pour construire sa personnalité, même en cas de divorce. L'adoption des enfants restent trop complexe et il n'est pas normal d'empêcher un enfant de pouvoir bénéficier d'une vraie famille, pour des raisons de complexité administrative. L'autorisation d'adoption par des pacsés du même sexe a été fort heureusement rejettée jusqu'à présent.
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Etat des lieux
L'Ecole échoue dans sa double mission de transmettre une culture commune fondamentale à tous et d'assurer l'égalité des chances. Son rôle d'ascenseur social s'est même dégradé avec le temps. Le plus difficile à accepter est de voir des jeunes qui ne maitrisent pas les acquis fondamentaux et qui sont trainés de classes en classes jusqu'à l'âge de 16 ans, sans la moindre valorisation sur le plan scolaire. Convaincus d'incapacité, ils sont alors exclus du système. Beaucoup de ces jeunes ont des capacités que l'école n'a pas su révéler ou identifier. Plutôt que de construire un projet de réussite autour de ses points forts, l'école lui offre une voie sans issue qui lui fait perdre jusqu'au goût du travail. Le nombre de jeunes rencontrant de telles difficultés n'est pas si élevé et une attention particulière devrait leur être portée dès les premières difficultés.
Apprentissages fondamentaux
Apprendre à lire, à écrire, et à compter est à la portée de tous les enfants. Certains ne rencontrent pas de difficultés quelles que soient les méthodes pédagogiques utilisées. D'autres ont besoin d'une pédagogie personnalisée. Il existe une réponse à chaque type de difficulté et c'est à l'école d'apporter ces différentes réponses. Le niveau de l'enfant n'est pas testé pendant le primaire et des enfants intègrent le secondaire sans maitriser ces acquis : ils ne pourront jamais raccrocher et seront toujours en échec.
Collège
Le collège unique se traduit par l'existence de classes où se cotoient des élèves de 15 ans et de 11 ans, des élèves turbulents et des discrets, des élèves à qui manquent les acquis fondamentaux et d'autres qui sont très performants, des élèves qui ne rêvent que de concret et d'autres qui s'épanouissent dans l'abstraction. De telles classes ne permettent plus un enseignement de qualité. Elles empêchent les meilleurs de travailler et démobilisent ceux qui n'arrivent pas à suivre. Le collège unique ne tient pas assez compte des différences entre les élèves et, voulant donner un enseignement unique à tous, dévalorise les enseignements techniques au point que ceux qui veulent les emprunter doivent attendre, et que ceux qui n'y sont pas attirés y échouent lorsqu'on décide qu'ils n'ont pas assez d'aptitudes pour continuer la filière générale. Il y a là une profonde erreur qui est de croire que les métiers techniques demandent moins d'intelligence que le métiers dits intellectuels. Ceux qui étaient en échec dans l'enseignement général le seront aussi dans l'enseignement technique.
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Etat des lieux
Les violences scolaires sont très importantes. Elles ne sont pas réduites par de simples discours de citoyenneté et d'invitation au respect de l'autre. Ce sont souvent les élèves en échec scolaire qui vivent mal la relation avec les autres ou avec l'école. Des écoles et collèges où l'autorité de l'équipe éducative a été restaurée, où le réglement intérieur est appliqué à la lettre, réussissent à contenir la violence, voire même à la supprimer. Les jeunes eux-mêmes souhaitent davantage de règles pour le bien-être de tous. Les solutions existent mais il faut avoir le courage de les faire appliquer dans les établissements scolaires. Toute violence doit faire l'objet d'une réparation adaptée : c'est ainsi que les jeunes peuvent apprendre la justice.
Drogues
Il y a une sorte de complaisance avec les drogues dites douces qui frole l'irresponsabilité. Comme éducateur, il est difficile d'accepter que ces drogues puissent être considérées comme moins nocives que la cigarette. Certes, elles n'influent pas sur la santé physique, elle n'ont qu'un effet sur le psychisme et le cerveau. Si on prenait le temps de correler la consomation de haschis avec l'échec scolaire, on aurait quelques surprises. Oui, ces drogues affectent la mémoire, l'équilibre psychique de la personne et surtout neutralisent sa volonté. Perte de goût pour le travail, erreurs dans les exercices, dépréciation de soi qui conduit un bon élève à devenir en quelques semaines un nouveau candidat pour l'échec scolaire.
Violences et pornographie
Des lois existent pour interdire aux adultes d'inciter les jeunes à la violence physique et sexuelle. Ces lois ne sont pas appliquées et ces violences s'exhibent à la télévision, au cinéma, sur les murs. La délinquance des jeunes qui visaient auparavant les biens, s'attaque de plus en plus aux personnes. Les modèles proposés par la société devraient contribuer à attirer les jeunes vers le bien et le beau. Elles les entrainent plutôt vers ce qui est le plus dégradant pour l'humanité.
Education au respect
Tous les parents ont le désir de bien éduquer leurs enfants. Mais, ils ne savent pas forcément s'y prendre. Beaucoup d'effort est mis dans des campagnes de prévention auprès de groupes de jeunes, censées contribuer à leur éducation. Ces campagnes ont une incidence très faible sur le comportement des jeunes qui sont à priori anti-conformistes. C'est dans les premières années de sa vie que le jeune peut apprendre à donner le meilleur de lui-même, dans le cadre familial. Les parents, qui ne savent pas toujours y faire, ont besoin d'être conseillés. On ne s'improvise pas parent. Et avant de les menacer par des retraits d'allocations familiales, il faudrait se demander quel effort est engagé pour les accompagner dans leur tache d'éducation, tache difficile mais si importante pour notre société. Il faudrait considérer les parents comme les meilleurs vecteurs possibles de la prévention auprès des jeunes.
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