Gestes, evocation et projet

Gestes, evocation et projet

La pédagogie
des moyens d'apprendre


Antoine de la Garanderie


Présentation

En pratique

Gestes, évocation et projet

gestes mentaux Sauf exception rarissime, nul ne devient bon en nage libre si personne ne lui explique les gestes à mettre en oeuvre et la manière de les réaliser. Pendant son apprentissage, le nageur doit s'appliquer à faire les bons gestes et corriger ce qui l'en éloigne. Par la suite, il n'aura plus à y penser car il les aura intégrés.

Il en va de même des 5 gestes de l'intelligence qu'Antoine de le Garanderie a décrit en détail : l'attention, la mémorisation, la compréhension, la réflexion et l'imagination. 5 gestes qui nous permettent de réaliser toutes les opérations intellectuelles propres à l'être humain. Avons-nous conscience de réaliser ces gestes ? Pas vraiment mais cela ne signifie pas que ces gestes n'existent pas. Nous les avons appris. Spontanément ou au contact de notre entourage, peu importe. Mais, ce que nous voyons, c'est que certains maitrisent mieux ces gestes que d'autres, comme certains réalisent mieux les gestes de la nage libre que d'autres.

Est-ce une question de don ou d'apprentissage ? Selon Antoine de la Garanderie, chacun peut apprendre à réussir au mieux ces gestes, en tenant compte de son profil pédagogique. A partir du moment où cela est connu, quelles pourraient être les raisons de ne pas l'enseigner aux élèves ?

La réalisation de ces gestes mentaux repose sur deux notions fondamentales : l'évocation et le projet.

L'évocation correspond à la création ou au rappel d'images mentales, de nature visuelle, auditive ou verbale. Ces images existent en l'absence de l'objet externe; elles constituent le matériau de base de l'activité intellectuelle. Il ne peut y avoir d'acte intellectuel à proprement parlé sans évocation. Apprendre à évoquer et prendre conscience de ses évocations sont deux voies concrêtes de progrès.

Le « projet de sens » ancre l'acte intellectuel dans le temps et dans l'espace. Il se traduit dans l'acte pédagogique par le fait d'éveiller chez l'enfant le projet visé par la tâche qu'il a à effectuer. C'est un projet à très court terme, qui anime l'acte intellectuel. Il n'est pas la même chose par exemple d'apprendre un texte avec le projet de le réciter de mémoire ou celui d'en expliquer le contenu. Il ne revient pas au même de regarder un paysage avec le projet de l'admirer ou celui de le raconter à un ami. Le bon projet déclenche la bonne évocation et produit la réussite. Le contraire est aussi vrai.

© Jeunes Plus 2006-07