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Violences urbaines et ecole - 14/11/2005

Ressources : Actualités : Analyses


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Liberté ? Egalité ? Fraternité ? Réalité !

Ce titre a fait la une d'un journal anglais il y a quelques jours. L'ironie de la formule saute aux yeux : il est normal que nos amis anglais profitent de cette occasion pour ramener la France à plus de modestie.

Mais, il faut bien admettre qu'ils ont visé juste. La réalité s'est invitée d'une manière soudaine et violente à un moment où on ne pensait plus qu'à préparer les prochaines élections.

Les élus ont-ils pris la mesure du problème ? Ont-il compris qu'il était certes important de se faire élire, mais tout aussi essentiel d'éviter que la France ne se transforme en un champ de ruines ? Vont-ils changer leur approche de la réalité ? Vont-ils essayer de comprendre ce qui se passe dans la vraie vie ? Cette crise sera-t-elle salutaire ?

Les prochains mois le diront. En attendant, revenons à la racine du mal des banlieues.

Un échec de l'intégration ? Pour ce qui est des étrangers arrivés depuis peu en France, c'est bien possible. Pour les autres, les plus nombreux, ceux qui sont nés sur le territoire français, il faudrait se demander sérieusement pourquoi ceux-ci semblent moins intégrés que leurs parents.

Pour ceux qui ne sont pas sous l'emprise d'intégrismes, la réponse est évidente : nous ne sommes pas confronté à un déficit d'intégration mais à un déficit d'éducation et de formation. L'éducation revient aux parents, la formation à l'école : voici donc les deux priorités sur lesquels il conviendrait de mettre l'accent dans les mois à venir.

Mais, nous ne pourrons le faire que si le réalisme qui semble avoir atteint quelques élus politiques se propage dans les rangs de l'Education Nationale. Le temps est venu d'évaluer la responsabilité de certains syndicats d'enseignants qui freinent toute réforme du système scolaire pour la défense de leurs seuls intérêts.

Accepterons-nous de regarder en face les difficultés de nos élèves ? Je viens de recevoir un jeune dans notre association d'accompagnement scolaire. C'est un doux : il ne brûlera pas de voitures. Il fait partie de ces enfants qui ont appris à s'ennuyer en silence. Il a 13 ans. Il ne fait pas la différence entre une addition, une soustraction et une division. Il ne connaît pas grand chose de la grammaire et de l'orthographe. Il ira à l'école jusqu'à 16 ans. A sa sortie, il n'en saura pas plus mais il aura fait son temps. Il aura accompli son devoir d'élève comme un enfant bien sage. Certes, en CE2 et CM1, il n'a pas eu d'institutrice ou presque pas. Celle-ci n'y est pour rien : elle est tombée malade de septembre en février, pendant deux années de suite. Plein de bon sens, le Ministre de l'éducation décide de remplacer ces absences. Certains syndicats s'y opposent. Souvent ceux-là même qui disent vouloir mettre l'enfant au centre du système scolaire.

L'an dernier, nous avons osé écrire que certains enfants que nous recevions à l'accompagnement scolaire ne savaient pas bien lire. Ca ne se fait pas ! On a le droit de dire qu'ils n'aiment pas lire mais pas qu'ils ne savent pas lire. Un jeune qui ne sait pas lire après 7 ans passés à l'école, ce n'est pas possible, on ne peut pas le croire, l'expression est trop forte, c'est exagéré !

Le Ministre de l'intérieur a-t-il eu raison d'utiliser des mots qui ont un sens précis ? L'avenir le dira mais un sondage du 16 novembre semble montrer qu'une large majorité des français a dépassé la dose admissible de mots-qui-ne-font-pas-de-vague. Le Ministre de l'Education Nationale devrait-il à son tour utiliser des mots qui portent un sens précis ? Cela ne vaudrait-il pas la peine d'essayer ? Monsieur le Ministre, profitez du moment et dites-nous le véritable état de notre école !

Qu'est-ce qu'un jeune qui ne sait pas lire ? C'est quelqu'un qui n'a pas la mémoire du texte, ne comprend pas le sens profond des textes, se perd dans les subordonnées, lit des mots qui ne sont pas écrits et se fatigue après quelques phrases déchiffrées avec peine. Identifions ces difficultés et ne faisons plus comme si elles n'existaient pas.

Les écoles maternelles, les écoles primaires et les collèges brûlent. Sans excuser des actes qui sont inexcusables, essayons d'entendre le message. Accueillons les jeunes avec leurs souffrances, regardons leurs problèmes en face, adaptons l'enseignement pour eux, ne les laissons pas couler au seul pretexte que les statistiques doivent rester bonnes et qu'il faut continuer à faire croire que le niveau monte.

Reconnaissons les limites de notre système scolaire, comme nous venons de reconnaître celui des politiques de la ville, et travaillons à développer des solutions constructives et adaptées aux vrais problèmes. Les enseignants sont au bord du découragement. Ils demandent des réformes, ils ont dit à une large majorité qu'il fallait repenser le collège unique, mais plus personne ne semble les entendre : ni les syndicats, ni les cadres du système. L'heure est grave !

Frédéric Prat

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