L'analyse de l'actualité - 15 novembre 2002
Ressources : Actualités : Analyses
Nous ne vous avons pas abandonnés mais des études récentes nous ont permis de mieux comprendre l'origine des difficultés des élèves dits en échec scolaire. Nous avons pris le temps de le considérer pour améliorer l'accompagnement scolaire qui est réalisé à Marseille. Le site de Jeunes Plus est devenu pour un temps secondaire devant la perspective de pouvoir faire progresser des enfants plus vite. Nous vous ferons part de ces travaux car ils sont essentiels et leur diffusion rendra un grand service à tous ceux qui oeuvrent dans ce domaine.
Mais, revenons un moment sur l'actualité et sur le dernier rapport Kriegel qui fait le lien entre violence et pornographie à la télévision et le passage à l'acte dans la rue. Le rapport est courageux et il propose des solutions fortes. Nous pensons cependant qu'elles sont encore insuffisantes.
Tout le monde semble d'accord sur les incidences néfastes de ces programmes lorsqu'ils sont vus par des enfants. Peu s'interrogent sur les incidences qu'ils peuvent avoir sur les adultes manquant d'esprit critique mais, c'est un autre débat que nous évoquerons un autre jour. En attendant, ce qui est bien en jeu dans cette histoire, c'est le souci de trouver un équilibre entre les intérêts financiers de l'audiovisuel et la souffrance des enfants. Ou encore, peut-on faire en sorte que les enfants ne souffrent pas trop tout en préservant la manne financière que représente la pornographie télévisuelle ?
Le Figaro Economique donne deux témoignages qui illustrent très bien cette opposition. D'un côté, le président de l'Union des producteurs de films qui s'inquiète des répercussions économiques : " Il me semble que la programmation de l'ensemble des chaines hertziennes est diverse, féconde et intelligente et que peu de films diffusés aux heures de grande écoute se montrent véritablement traumatisants. Je suis donc pour que le système reste en l'état".
De l'autre bord, Edwige Antier, pédiatre en contact permanent avec des enfants : "Les images pornographiques sont un viol de l'imaginaire des enfants dans une période très délicate de leur développement. Elles constituent en outre une atteinte aux valeurs de respect de la personne humaine que nous prétendons collectivement défendre. Oui, je dérange car je touche à des intérêts très puissants en dénonçant l'exploitation économique des pulsions sexuelles des jeunes. Ces gens là le savent bien. Ils essaient de se donner un vernis moral, en prétendant lutter contre la drogue et aider les adolescents à faire leur éducation sexuelle, mais en réalité la santé et l'équilibre psychique des jeunes auditeurs et téléspectateurs leur importent peu. Il ne s'agit pour eux que d'un marché fructueux."
Les propos sont durs mais tellement proches de la réalité.
Edwige Antier conclut "Quant aux films pornos, je suis pour leur interdiction pure et simple à la télévision. Il s'agit de la santé de nos enfants. Il s'agit aussi de leurs futurs relations amoureuses donc de leur avenir. On m'objecte que les interdits seront transgressés. Il n'empêche qu'il faut avoir le courage de prononcer des interdits."
En qui avez-vous confiance ? Un producteur de film ou une pédiatre au contact de la souffrance des jeunes. A vous de vous faire votre opinion.
Frédéric Prat
|