L'analyse de l'actualité - 11 octobre 2002
Ressources : Actualités : Analyses
Après s'être préoccupé des apprentissages fondamentaux, Luc Ferry propose un nouveau discours de 19 pages sur l'enseignement supérieur. Force est de constater que le Ministre est prolixe en idées. Bonnes idées selon la FAGE, fédération qui regroupe l'ensemble des associations étudiantes, qui se réjouit des annonces du Ministère, celui-ci reprenant à son compte plusieurs de leurs propositions pour lutter contre l'échec universitaire.
L'enjeu est de faire en sorte que le flot de lycéens qui intègre l'université, grâce à la démocratisation de l'école, puisse espérer aller plus loin. En effet, il est très clair, chiffres à l'appui, que les lycéens ne sont pas préparés à affronter le monde universitaire, manquant des méthodes qui leur permettraient de s'organiser pour réussir. Ils manquent même parfois de la culture générale ou des connaissances nécessaires au cursus qu'ils vont suivre. En résumé, le fossé s'est creusé entre le secondaire et l'université.
A Marseille, une année blanche est offerte aux bacheliers pour se mettre au niveau de l'université avant d'intégrer la première année de Deug. Expérimentée l'an dernier avec succès, cette formule pourrait être reproduite ailleurs. Cela ne doit pas faire oublier qu'il existe encore de nombreux lycées qui maintiennent une qualité de travail suffisante pour permettre aux bacheliers de réussir à l'université.
L'autre débat de la semaine concerne l'éducation des jeunes. Comment punir les parents qui n'assument pas leurs responsabilités et laissent leurs enfants s'absenter de l'école ? Amende ou privation d'allocations familiales ? Comment réduire la pornographie et la violence sur les écrans de télévision ? Taxations dissuasives ou interdiction totale ?
Ne voyant absolument pas ce que la pornographie peut apporter à l'homme, voyant au contraire toutes les atteintes à la dignité humaine qu'elle représente et tous les désordres qu'elle engendre dans notre société, d'une gravité insoutenable lorsque des enfants y sont impliqués, nous ne comprenons pas pourquoi l'état continuerait à rester complice de ces ignominies. Et cela non seulement à la télévision, mais aussi dans la presse et sur internet.
Serait-ce une atteinte à la liberté personnelle ? Nous ne le croyons pas car une société adulte devrait pouvoir empêcher l'exploitation du corps par des individus peu scrupuleux qui ne considèrent plus les personnes mais seulement le fric qu'elles peuvent leur rapporter. Et si cela pouvait permettre à un seul enfant d'avoir à moins souffrir, l'interdiction totale en serait largement justifiée. Souhaitons que le Ministre ait suffisamment de courage, porté qu'il est par l'opinion publique !
Frédéric Prat
|