Nouveau Ministre, nouvel espoir ? Ressources : Actualités : Source Jeunes Plus
Luc Ferry est le nouveau Ministre de l'Education Nationale pour quelques semaines ou plus, selon le bon vouloir des électeurs. Difficile dans ces conditions de s'intéresser en profondeur à ce qu'il propose. A moins qu'il n'arrive à prouver que l'Education Nationale a besoin de lui.
Président du Conseil National des Programmes depuis 8 ans, il a cotoyé François Bayrou, Claude Allègre et Jack Lang, ce qui lui permet d'avoir de bons amis dans toutes les sensibilités politiques. Il est très louangeux à l'adresse du corps enseignants qu'il considère comme exceptionnel précisant que "la critique est aisée, mais l'art est difficile" est une expression qui s'applique à merveille à ce métier.
Son objectif principal : lutter contre l'illettrisme. Il ne supporte pas l'échec scolaire qu'il voit comme un malheur pour l'enfant et pour sa famille. Il recommande les principes de "l'élitisme républicain" qui consiste à donner des diplomes qui ont une valeur, afin de ne pas défavoriser davantage les défavorisés.
Il veut une école égalitaire et pense devoir recentrer les programmes sur les fondamentaux pour permettre la promotion sociale de tous.
C'est un humaniste qui, bien qu'agnostique, n'hésite pas à recourrir à une certaine forme de transcendance pour définir les valeurs qu'il faut transmettre aux enfants. Son ouvrage "l'homme-Dieu" donne une idée de la confiance qu'il met dans l'homme et dans l'enfant à faire grandir.
En résumé, Luc Ferry est un penseur qui a pris le temps d'élaborer sa reflexion et qui pourrait contribuer à insuffler du sens à l'action menée par tous les acteurs du système éducatif.
Xavier Darcos, délégué à l'enseignement scolaire, serait plutôt l'homme d'action susceptible de mettre en oeuvre les réformes. Lui aussi connaît bien le système éducatif et a déjà eu l'occasion d'exposer ses solutions dans plusieurs ouvrages.
Selon lui, le système actuel est profondément inégalitaire. Ses priorités : lutter contre l'illettrisme, résoudre les problèmes d'incivilité et de violence, et reprendre le programme de formation des maitres en privilégiant les choses qui marchent sur l'invention. Il propose aussi de reconstituer des filières professionnelles dès la quatrième.
Sa nomination n'a pas provoqué de remous dans les syndicats d'enseignants qu'il connait bien et l'on peut esperer qu'il soit à l'écoute des acteurs du système, qu'il s'agisse des enseignants comme des parents.
En résumé, on ne doit pas s'attendre à des réformes spectaculaires et superficielles (et c'est tant mieux car le système éducatif est déjà suffisamment en crise, et les révolutions ne font qu'enfoncer un peu plus les enfants en difficulté), mais plutôt à un recentrage sur les priorités et peut-être une évolution des mentalités.
Rompre avec le discours de 68 que critique abondamment Luc Ferry et redécouvrir des valeurs essentielles, construire l'intelligence de l'enfant et donner du sens à ses apprentissages, lutter avec plus d'efficacité contre l'échec scolaire, donner plus de part au bon sens et au réel, et un peu moins aux innovations et idéologies : voila sans doute quelques pistes qui seront explorées et qui pourraient changer le sytème en profondeur.
Frédéric Prat
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