Comment prévenir les comportements à risque ? Ressources : Actualités : Source Jeunes Plus
Les jeunes semblent de moins en moins sensibles aux campagnes de prévention. Les statistiques le montrent : il y a de plus en plus de comportements à risque, d'accidents, de morts, de suicides chez les jeunes de 15 à 35 ans.
Les campagnes sont de plus en plus dures (accidents de voiture) ou de plus en plus crues (Sida). Mais rien n'y fait. On est alors en droit de se demander si le discours employé et les méthodes utilisées sont les bonnes.
Lors d'une conférence donnée à Marseille, le Professeur San Marco nous faisait noter que la prévention auprès des adolescents repose sur l'interdit et ne propose rien qui puisse attirer les jeunes, dans une société qui manque d'ambition, de repères et qui atteint un sommet dans la désacralisation de l'amour.
L'adolescent en vient à se poser la question suivante : à quoi sert-il de protéger sa vie ? Dans quel but ?
En effet, prévenir, c'est " faire aimer la vie ". Comment un jeune pourrait-il rejeter un comportement à risque s'il n'a pas l'assurance que la vie vaut plus que la mort ?
Or, analysons le discours ambiant. Donne-t-il un sens absolu à la vie ? La dépénalisation de l'IVG (projet de loi), les ouvertures sur l'euthanasie et le clonage, les méthodes de contraception promues chaque fois que l'occasion se présente, les discours sur l'impossibilité de fonder un foyer stable, sont autant de mécanismes qui désacralisent la vie et atténuent son sens.
Suite à une intervention en classe, des jeunes d'un collège de Marseille expliquaient combien le discours sur le sida et les vertus de la contraception est connu (ressassé dans toutes les campagnes monothématiques organisées dans les collèges, à la radio, à la télévision, dans les concerts,...) et aussi combien ils en sont lassés. Oui, ce discours ne sert à rien, sauf à leur faire penser que l'amour n'a pas pour finalité de donner la vie mais plutôt de l'empécher. Ces jeunes attendent autre chose.
Le professeur San Marco nous rappelait qu'éduquer, c'est " frustrer, interdire, conduire. Apprendre à ne pas se laisser conduire par ses pulsions ". Et, cela n'est acceptable que si l'on prend le temps d'expliquer les raisons supérieures qui motivent ces restrictions, en insistant sur ce qui donne sens à la vie.
Mais, une société qui juge qu'un handicapé n'est pas digne de vivre (arrêt Perruche) peut-elle vraiment convaincre les jeunes du sens de la vie ? Peut-elle dissuader un jeune qui porte des souffrances morales -parfois plus lourdes qu'un handicap physique - de risquer sa vie ? Le discours sonne de plus en plus faux et les adolescents y sont extrêmement sensibles.
Alors, ne serait-il pas temps de changer de discours et de confier la prévention à des personnes qui croient encore au sens de la vie et soient capables de répondre positivement à la question qui revient sur les lèvres de nombreux adolescents : est-il encore raisonnable de croire au grand amour, à cet amour fidèle qui permet de fonder un foyer et donne sens à une vie ?
Frédéric Prat
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