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Monsieur le Ministre, libérez l'école

Ressources : Actualités : Source Jeunes Plus

Dans la loi Fillon souffle une légère brise de liberté. La création du Haut Conseil de l’Education, la mise sous tutelle des IUFM, l’autonomie renforcée des établissements et des professeurs sont des premiers jalons vers une libération de l’école.

En inscrivant dans la loi l’exigence de garantir pour chaque élève un ensemble de connaissances et compétences indispensables, comme la maîtrise du français qui a été passablement déprécié ces dernières années, le Ministre de l’Education amorce les conditions d’un changement profond. A partir de cette loi, les résultats obtenus deviennent plus importants que les moyens mis en œuvre.

Certains experts autoproclamés de la pédagogie ont maintenu une emprise sur l’école pendant plus de trente ans en imposant des théories que l’expérience n’avait et n’a jamais validées. Certains sont allés jusqu’à faire le mea-culpa de leurs erreurs sans toutefois se retirer de la scène pédagogique. Leur vive opposition au projet de loi semble traduire le fait qu’ils croient moins aux capacités réelles des enfants qu’à leurs propres idées : ils n’imaginent pas que l’on puisse faire réussir tous les enfants. Ils n’y croient plus car leurs théories ont accentué les difficultés des enfants les plus fragiles, les écartant très tôt de la course à la réussite scolaire. Un seul chiffre illustre cet échec : les étudiants d’origine populaire représentaient 23,9% des lauréats de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) au début des années 50. Ils n’étaient plus que 6,1% dans les années 90. (a)

Mais la loi Fillon aurait pu aller plus loin. Promouvoir la réussite scolaire de tous les enfants, c’est faire en sorte que chaque enfant puisse bénéficier d’une attention qui respecte sa personnalité. Or, cela n’est possible qu’en rendant libre le choix de l’école.

La Finlande et les Pays-Bas sont les premiers pays de la classe européenne (cf . enquête PISA publiée le 7 décembre 2004). L’efficacité de leur système éducatif est enviée par la France qui semble ne pas avoir pris le temps d’analyser les raisons de sa supériorité. Une étude récente (b) en donne la clé : ces pays ne sont pas que premiers en terme de résultats, ils sont aussi premiers en terme de liberté scolaire.

Dans ces pays, il n’y a pas de carte scolaire. Les citoyens désireux de créer une école y obtiennent rapidement des subsides. La liberté pédagogique n’est pas un vain mot, même au sein des établissements publics.

Si nous voulons faire de notre système de formation l’un des meilleurs au monde, il n’y a qu’une voie possible : celle de la libération de l’école.

Libérer l’école, c’est faire confiance aux chefs d’établissement qui pourront agir librement au service de la communauté éducative, c’est faire confiance aux professeurs qui donneront le meilleur d’eux-mêmes pour faire réussir les enfants, c’est faire confiance aux parents qui choisiront librement un établissement scolaire en connaissance de cause, c’est faire confiance aux enfants qui grandiront librement dans un environnement adapté.

Libérer l’école, c’est supprimer l’école à deux vitesses, celle des « intégrés » qui jouent de leur relation et de leur pouvoir pour mettre leurs enfants dans des écoles de qualité, et celle des exclus qui n’ont pas d’autres choix que d’obéir à la carte scolaire.

Libérer l’école, c’est faire disparaître les tensions qui résultent de l’obligation de subir un projet pédagogique que l’on n’a pas choisi, que l’on soit professeur, parent ou élève.

Libérer l’école n’est pas si compliqué. Trois mesures y conduiraient :

1) Supprimer la carte scolaire après avoir laissé un temps pour que chaque établissement public refonde son projet pédagogique en tenant compte de l’exigence de faire réussir tous les élèves.

2) Mettre à la disposition des parents les projets pédagogiques de chaque établissement afin de rendre possible l’exercice du libre choix.

3) Permettre aux parents de choisir entre le public et le privé sans il y ait de conséquences financières.

Il faut tordre le cou à l’idée conservatrice que la suppression de la carte scolaire nuirait à la mixité sociale et produirait une augmentation massive des flux d’élèves. Rien de cela ne s’est produit dans les pays qui ont fait le choix de l’abroger. La proximité reste un critère de choix prépondérant. L’école libérée n’aurait pas à craindre la concurrence. Elle deviendrait réellement partenaire de ses usagers volontaires, pour le plus grand bien des enfants qui lui seraient confiés.

Frédéric Prat

(a) « Les savoirs fondamentaux au service de l’avenir scientifique et technique en France » - rapport Demailly & alii – novembre 2004

(b) « Libérez l’école ! » – J.D. Nordmann et J.P. Chenaux - Etudes et Enquêtes, n°33 – Lausanne

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